Toyota cède à son tour à la mode du crossover avec l’Urban Cruiser, un véhicule se voulant à la fois urbain et ?tendance?.
Avec sa récente iQ (cf. Codex n° 280), Toyota a démontré qu’il savait s’écarter d’un conformisme qu’on lui reproche parfois de cultiver. Il en fait à nouveau la démonstration avec l’Ur-ban Cruiser, dont l’appellation n’a rien d’innocent lorsque l’on considère le design.
?Urban?, le nouveau véhicule l’est pas ses dimensions : 3,93 m de long, 1,73 m de large et 1,52 m de haut. Quant à ?Cruiser?, depuis le célébrissime Land Cruiser, le mot est devenu une sorte de suffixe désignant l’aventure et l’évasion chez Toyota. Pour y faire honneur, l’Urban Cruiser arbore donc un look de petit SUV, identification encore renforcée par le fait qu’il est aussi proposé en quatre roues motrices même s’il n’affiche alors aucune prétention au franchissement.
Pratique et ergonomique, comme d’habitude chez Toyota, l’habitacle est dominé par des plastiques durs qui, s’ils bénéficient d’assemblages rigoureux, manquent tout de même un peu de cachet. L’habitabilité est bonne si l’on considère la taille du véhicule, même à l’arrière où la banquette coulissante permet de faire varier le volume du coffre de 314 à 388 l. Elle est également rabattable 60/40 mais ne permet pas d’obtenir une surface de chargement plane. Le volume utile maximal atteint alors 749 l. De nombreux rangements bien disposés facilitent la vie à bord.
Deux motorisations sont disponibles : un tout nouveau bloc essence 1.33 Dual VVT-i - 101 ch (distribution variable à l’admission et à l’échappement et système Stop&Start) et le Diesel 1.4 D4-D - 90 ch bien connu. Tous deux sont associés à une boîte manuelle à six rapports. Seul le D4-D peut recevoir la transmission intégrale. Dans cette dernière configuration, qui devrait tout de même séduire 30 % de la clientèle selon Toyota, le véhicule reçoit un coupleur à commande électromécanique qui peut envoyer jusqu’à la moitié du couple sur l’essieu arrière en cas de nécessité. Cette répartition 50/50 est même verrouillable jusqu’à 40 km/h. Revers de la médaille : le coffre perd alors 9 l et la banquette arrière n’est plus coulissante. L’Urban Cruiser 4×4 prend par ailleurs 2 cm en hauteur (1,54 m).
Si son petit gabarit lui permet de s’intégrer facilement au trafic urbain, les surfaces vitrées réduites de l’Urban Cruiser ne favorisent pas la visibilité vers l’arrière et l’importance de son diamètre de braquage (10,8 m) ne facilite pas les man?uvres. On regrettera également l’absence de boîte automatique sur un véhicule insistant sur sa vocation urbaine.
Sur la route, le moteur 1.33 fait preuve de bonne volonté mais demande quand même à être un peu poussé dans les tours. Logiquement plus coupleux, le D4-D, assez peu présent à bas régime, se révèle par la suite assez volontaire tout en bénéficiant d’une bonne insonorisation. L’amortissement est assez sec et une légère tendance au roulis se fait ressentir dans les courbes rapides mais le comportement du véhicule reste sécurisant grâce à un correcteur de trajectoire VSC particulièrement vigilant. L’équipement de série des deux niveaux de finition, Life et Lounge, qui composent la gamme est complet.
S’il n’apporte rien de vraiment neuf, l’Urban Cruiser contribue à renouveler l’image de Toyota en montrant que la marque n’hésite plus à s’aventurer dans des concepts originaux.
Sylvain LHOTE
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