Pour Lexus, pas question de s’endormir sur ses lauriers. Pionnier du SUV hybride, son RX évolue encore pour rester en tête.
À première vue, on pourrait croire à un simple restylage. En fait, il s’agit bien d’un nouveau véhicule même si l’on assiste ici plus à une évolution qu’à une révolution. Fondamentalement, le système hybride du RX 450h ne diffère guère de celui du RX 400h et repose toujours sur un moteur essence (désormais un 3.5 V6 - 249 ch) couplé à deux moteurs électriques développant 167 ch (à l’avant) et 68 ch (à l’arrière). L’ensemble combiné permet au RX 450h d’afficher une puissance de 299 ch.
Le V6 reste fidèle au cycle Atkinson : la fermeture retardée de la soupape d’admission permet un taux de détente plus élevé et une compression plus faible, réduisant les pertes lors des phases d’admission et d’échappement. La recirculation des gaz d’échappement refroidis dans le système d’admission fait en outre baisser la température de fonctionnement du moteur. Autre amélioration : les gaz d’échappement sont utilisés au démarrage pour réchauffer le liquide de refroidissement, ce qui permet au moteur de se couper plus tôt par temps froid et donc de revendiquer un meilleur rendement énergétique que son prédécesseur.
La chaîne hybride a été elle aussi optimisée et plusieurs éléments ont été revus comme la pompe à huile ou le volant moteur. Un refroidisseur d’huile a été ajouté. La transmission tient désormais compte des côtes et des descentes pour choisir le rapport le plus adapté. Un passage manuel sur six rapports est également possible.
Les moteurs électriques, s’ils sont de puissance, bénéficient d’un meilleur refroidissement et leurs valeurs de couple sont disponibles sur des plus larges régimes. Enfin, trois modes de conduite sont proposés : Eco, qui vise avant tout à réduire la consommation ; EV, sélectionné par défaut au démarrage, qui n’utilise que les seuls moteurs électriques ; Snow, qui optimise la motricité et enclenche notamment le moteur électrique arrière en cas de patinage des roues avant.
Cette revue technique un peu longue ne doit cependant pas faire oublier que le RX 450h se conduit aussi simplement qu’un véhicule à motorisation classique. Les transferts entre moteurs thermique et électriques se font sans intervention du conducteur dans un silence et une absence de vibrations impressionnants. Si l’on y ajoute l’équipement pléthorique, la finition irréprochable et le confort haut-de-gamme du véhicule, on comprendra que le RX 450h est l’instrument idéal des longs voyages.
La puissance est présente en permanence et, malgré ses 4,77 m de long et ses 2 110 kg à vide, le véhicule fait preuve d’une certaine agilité. Seul petit bémol : les suspensions visiblement conçues pour le goudron lisse des highways peuvent perdre un peu de leur efficacité sur route dégradée. Rien de bien grave cependant, d’autant que des barres antiroulis actives qui limitent efficacement les mouvements de caisse. Côté consommation, Lexus annonce 6,3 l/100 km et 148 g/km de CO2 en cycle mixte. Des valeurs qu’une conduite ?normale? a tendance à relever un peu mais qui restent tout de même remarquablement basses en regard du gabarit et des performances du véhicule.
À l’heure où la motorisation hybride tente de plus en plus de constructeurs, Toyota/Lexus rappelle que, le moment venu, son leadership sera difficile à contester.
Sylvain LHOTE
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